samedi 9 mars 2013

ACCABADORA (Michela Murgia - Seuil)
QUI ? Michela Murgia est née à Cabras en 1972. Après Accabadora, Prix Page des libraires 2011, elle a publié en Italie Ave Mary, un essai sous-titré « Et l'Eglise créa la femme ». Ses livres sont traduits dans de nombreuses langues. Elle vient de publier La guerre des saints, toujours au Seuil.
QUAND ? Sardaigne, années 50.
QUOI ? Dans un petit village sarde, la vieille couturière, Tzia Bonaria, accueille chez elle Maria, « cédée » bien volontiers par une veuve d’humbles origines. Elle offrira à sa « fille d’âme » son métier et des études. Maria grandit entourée de soins et de tendresse; mais certains aspects de la vie de Tzia Bonaria la troublent, en particulier ses mystérieuses absences nocturnes. Elle ignore en effet que la vieille couturière est, pour tous ses concitoyens, l’ accabadora, la « dernière mère »...
ALORS ? Elle même d'origine sarde, Michela Murgia n'a pas eu à chercher très loin le sujet de ce roman : en effet, jusqu'aux années 50, les "accabadora" ont été des figures marquantes de la tradition sarde. Leur rôle consistait, avec l'accord des familles, à abréger les souffrances des agonisants et à les aider à mourir. Cette euthanasie rituelle, ce "savoir" venu du fond des âges est au cœur de l'histoire de filiation et de transmission qui se noue entre Tzia Bonaria et Maria. Bien sûr, il y a la Sardaigne, puissamment incarnée par les décors et les personnages. A sa façon, Michela Murgia est un auteur régionaliste, nourrie par ses racines et fervente de ses origines. Mais elle ne verse jamais dans le pittoresque ou le chromo nostalgique, il s'agit d'abord d'une histoire de femmes, d'émancipation et, finalement, d'amour. Cela donne au final un roman d'excellente facture même si M. Murgia va parfois un peu trop vite et, à force d'ellipses, affaiblit son récit. On aurait aimé rester plus longtemps sur ces terres magnifiques et en apprendre plus sur cette fameuse accabadora...

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