A l’époque où je regardais Canal+, j’étais toujours étonné de voir la mine défaite de Laurence Haïm, correspondante locale de la chaîne aux Etats-Unis, souriante certes mais l’air passablement épuisée. En lisant « Une française à New York », de la même L. Haïm, j’ai enfin compris d’où elle tenait ce visage moribond : New York ! Quelque part entre le récit de voyage, les confessions intimes et la presse magazine, L. Haïm a en effet choisi de décrire son atterrissage puis sa vie dans la ville « qui ne dort jamais », sorte de miroir grossissant où l’on contemple éberlué l’Amérique des cadres stressés, des millionnaires mégalos et des pauvres hères prêts à tout pour conquérir leur part du rêve américain. Les passages consacrés au monde du travail fascinent : les new yorkais sont des bêtes de sommes infatigables qui rendent à leur job un culte quasi fanatique. La confrontation avec le modèle frenchie, bien sûr, fait des étincelles. Lasse de passer pour une extra-terrestre, L. Haïm explique comme elle a dû plier et se fondre dans le moule aliénant de la working girl : édifiant ! Parmi les autres joyeusetés à découvrir : la réglementation immobilière en vigueur, digne de Kafka ; la mise au rencart automatique des quadragénaires fortunées, trop vieilles, trop moches ; les licenciements minute ou les salles de sports pareilles à des camps de travail. Un regret : l’auteur aurait pu se dévoiler davantage et donner plus d’épaisseur à un récit parfois trop journalistique (pourquoi ne pas avoir raconté la ballade en moto dans l’Amérique profonde, citée dans les remerciements ? cela aurait pu faire un bon contrepoint). Dans tous les cas, une lecture sympathique, vite digérée mais qui nous en apprend beaucoup sur nos "amis" américains. dimanche 23 septembre 2007
UNE FRANCAISE A NEW YORK (Laurence Haïm - Robert Laffont)
A l’époque où je regardais Canal+, j’étais toujours étonné de voir la mine défaite de Laurence Haïm, correspondante locale de la chaîne aux Etats-Unis, souriante certes mais l’air passablement épuisée. En lisant « Une française à New York », de la même L. Haïm, j’ai enfin compris d’où elle tenait ce visage moribond : New York ! Quelque part entre le récit de voyage, les confessions intimes et la presse magazine, L. Haïm a en effet choisi de décrire son atterrissage puis sa vie dans la ville « qui ne dort jamais », sorte de miroir grossissant où l’on contemple éberlué l’Amérique des cadres stressés, des millionnaires mégalos et des pauvres hères prêts à tout pour conquérir leur part du rêve américain. Les passages consacrés au monde du travail fascinent : les new yorkais sont des bêtes de sommes infatigables qui rendent à leur job un culte quasi fanatique. La confrontation avec le modèle frenchie, bien sûr, fait des étincelles. Lasse de passer pour une extra-terrestre, L. Haïm explique comme elle a dû plier et se fondre dans le moule aliénant de la working girl : édifiant ! Parmi les autres joyeusetés à découvrir : la réglementation immobilière en vigueur, digne de Kafka ; la mise au rencart automatique des quadragénaires fortunées, trop vieilles, trop moches ; les licenciements minute ou les salles de sports pareilles à des camps de travail. Un regret : l’auteur aurait pu se dévoiler davantage et donner plus d’épaisseur à un récit parfois trop journalistique (pourquoi ne pas avoir raconté la ballade en moto dans l’Amérique profonde, citée dans les remerciements ? cela aurait pu faire un bon contrepoint). Dans tous les cas, une lecture sympathique, vite digérée mais qui nous en apprend beaucoup sur nos "amis" américains.
Inscription à :
Publier les commentaires (Atom)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire